L’échoppe bordelaise fait partie de l’identité de la ville. Ces maisons de plain-pied (ou avec un étage pour les échoppes « doubles ») jalonnent les rues de Caudéran, Fondaudège, Saint-Seurin et bien d’autres quartiers de Bordeaux. Charmantes, pleines de caractère — mais souvent construites entre 1850 et 1950, à une époque où l’électricité domestique en était à ses débuts.
Résultat : en intervenant régulièrement dans ces habitations, nous constatons les mêmes problèmes qui reviennent. Voici les cinq plus fréquents — et ce qu’il est possible de faire pour chacun.
1. Un tableau électrique d’un autre temps
C’est souvent la première chose que l’on remarque en ouvrant le coffret : des fusibles à broches ou à cartouches en porcelaine, un tableau bakélite sans aucun différentiel, des fils de sections différentes raccordés sur le même départ.
Le risque : Sans disjoncteur différentiel 30 mA, aucune protection contre les fuites de courant — c’est-à-dire contre l’électrocution. Les fusibles anciens ne protègent que contre les surintensités, et encore, de manière approximative.
La solution : Un remplacement complet du tableau électrique par un modèle aux normes, équipé de disjoncteurs divisionnaires et d’interrupteurs différentiels adaptés. C’est l’intervention la plus impactante en termes de sécurité. Elle permet aussi de reprendre le repérage des circuits et de vérifier leur dimensionnement.
2. Une prise de terre absente ou défaillante
Beaucoup d’échoppes n’avaient tout simplement pas de prise de terre à l’origine. On trouve des prises à deux broches (sans terre), ou des prises qui semblent avoir une terre mais dont le fil vert-jaune n’est raccordé à rien. Dans certains cas, la terre existe mais sa résistance est trop élevée pour assurer une protection efficace.
Le risque : Sans terre fonctionnelle, les masses métalliques des appareils (machine à laver, radiateur, ballon d’eau chaude) peuvent devenir conductrices en cas de défaut d’isolement. Combiné à l’absence de différentiel, c’est un danger réel d’électrocution.
La solution : La création d’un circuit de terre complet, avec un piquet de terre enfoncé dans le sol du jardin ou de la cour (les échoppes ont presque toujours un espace extérieur), un conducteur principal de terre et le raccordement de l’ensemble des circuits. C’est un chantier essentiel qui s’intègre naturellement dans une mise en conformité globale.
3. Un câblage sous-dimensionné pour les usages actuels
Les échoppes des années 1920 ou 1930 étaient câblées pour alimenter quelques ampoules et peut-être un poste de radio. Aujourd’hui, on leur demande d’alimenter un four électrique, des plaques à induction, un sèche-linge, une climatisation, parfois une borne de recharge pour véhicule électrique.
Le risque : Des câbles en section 1,5 mm² alimentant des circuits qui nécessiteraient du 2,5 mm² ou du 6 mm² vont chauffer anormalement. C’est l’une des premières causes d’incendie d’origine électrique. On trouve encore dans certaines échoppes des câbles sous gaine coton ou en plomb, matériaux depuis longtemps interdits.
La solution : Un recâblage partiel ou complet, en fonction de l’état général de l’installation. Dans une échoppe de plain-pied, le passage des câbles peut se faire par les combles (quand ils sont accessibles) ou en apparent avec des goulottes discrètes. L’objectif est de dimensionner chaque circuit en fonction de sa charge réelle.
4. L’absence de VMC
Les échoppes bordelaises sont souvent humides. Murs en pierre, absence de vide sanitaire, salle de bain intérieure sans fenêtre : les conditions sont réunies pour favoriser la condensation et les moisissures. Or, la plupart de ces maisons n’ont jamais été équipées de ventilation mécanique contrôlée.
Le risque : Au-delà de l’inconfort et des problèmes de santé (allergies, asthme), l’humidité détériore les équipements électriques. Les connexions s’oxydent, les contacts deviennent résistifs et chauffent. L’humidité dans les boîtiers de dérivation est un problème que nous rencontrons très fréquemment.
La solution : L’installation d’une VMC simple flux hygroréglable, adaptée à la configuration de l’échoppe. Il faut prévoir des bouches d’extraction dans les pièces humides (cuisine, salle de bain, WC) et des entrées d’air dans les pièces sèches. Dans une échoppe, le groupe VMC se place généralement dans les combles.
5. Un nombre de prises insuffisant
Deux prises dans le séjour, une dans la chambre, aucune dans le couloir : c’est le lot de beaucoup d’échoppes non rénovées. La conséquence directe, on la connaît tous — des multiprises en cascade, des rallonges qui courent sous les tapis, des prises surchargées.
Le risque : Les multiprises en série sont une source majeure de surchauffe et d’incendie. Elles masquent aussi le sous-dimensionnement de l’installation en concentrant trop d’appareils sur un seul circuit.
La solution : L’ajout de prises conformes à la norme NFC 15-100, sur des circuits correctement dimensionnés et protégés. Dans le cadre d’une rénovation, c’est l’occasion de réfléchir aux usages pièce par pièce : emplacements des meubles, de l’électroménager, de l’informatique, des équipements multimédia.
Un patrimoine à préserver — en toute sécurité
Les échoppes de Caudéran et de Fondaudège font partie du charme de Bordeaux. Les rénover électriquement ne signifie pas les dénaturer : il est tout à fait possible de mettre une installation aux normes tout en respectant le caractère de la maison, avec des solutions discrètes et adaptées.
Chez BRUCELEC, nous intervenons chaque semaine dans des échoppes bordelaises pour des mises en conformité partielles ou complètes. Chaque maison est différente, et nous adaptons notre approche à la configuration et au budget de chaque propriétaire.
Vous êtes propriétaire d’une échoppe et vous souhaitez faire le point sur votre installation ? Contactez-nous au 06 15 40 99 08 ou via notre formulaire de contact.